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Deuxième Sonnet du matin
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(Une série de 7 poèmes)
Comme dans un jardin, les parfums chauds
coulent dans l’ombre
Un bruit de bâtons, comme un moulin
Je me réveille encore, assourdi
Le regard doux et téméraire de mon père brille
au soleil
Le fruit de la force, rose, a fleurit
Il me le montre
Insouciant, je me retourne
et je vois le tintamarre jaune se glacer
Gênée, la fille couronnée de noir se cache dans
la fougère
elle a la peau intacte
son brun abricot-mûr glisse sous mes paupières
qui se referment
Des tournesols rouges me réveillent encore
Je la sens encore comme une salive qui
commence,
comme un sucre qui brûle,
cette chimère, fille de sable et de fruit
Est-ce ta main qui passe sur mon front ?
Je t’ai attendu tout le matin papa
Je cours par les allées, je cherche un bonheur,
mon rêve est arrêté, sur le pavé : un soûlard.
Je suis d’un bond la fleur qui sommeillait,
je marche à côté
Il y a juste un chemin,
les fleurs y flottaient
J’ai erré sept nuits papa sans croiser le
soleil,
où étais-tu ?
Un cercle se déplaçait,
à gauche, à droite, là où je m’en allais
Je l’ai tenu dans la main
La fleur du matin était lisse comme une corne
Je marchais parmi les étoiles,
elles avaient toutes fleuri
Était-ce comme dans ton jardin ?
Je cours par les allées,
Je n’entends que ce bruit métal
L’arc au ton astral s’est caché derrière le
carré voilé,
le ciel était grouillant de lumières et de
souffre, l’entends-tu ?
Un triangle noir se dresse devant ma porte
Je cherche un bonheur
La fille à la couronne était accompagnée de
sept pions couleur de sable
Elle se coucha à côté, voilée de blanc et d’un
souffle frais
Sous ses sourcils, devant les yeux
vert-caressant et gris-pigeon
je retrouve mon fleuve,
il s’y baignaient des lettres, des L anguleux
et des courbes,
les fleurs y flottaient
Un homme est descendu de son cheval
Un outil strident s’est soudé à sa jambe
je marche à côté
Il glissa une lame sur ma peau mouillé
Les chevaux hennissaient tout le long du
chemin,
les cartes éclataient bruyamment
il n’y avait plus que des demi-troncs d’arbres
gelés
Une scie géante flottait dans le ciel
Les pions couleur amidon dégageaient l’odeur
âcre d’un étang,
Des bâtons reviennent, une saveur de terre
grise et d’espace rouillé
Il y a juste un chemin
Maman, ne barre plus l’eau avec ta robe bleue!
Des vagues et un blanc sonore dessinaient le
seul plan visible,
des papyrus dessinaient des arcs autour
On dit que la mer est foncée, l’eau portée sur
une fleur,
puis-je m’y baigner ?
Mais, tu ne sais pas nager !
Il faut que mes mains retiennent ton dos et tes
jambes
On dit que l’eau tisse des fils de laine
blanche
Des grandes tapisseries et des dragons
Je nage vers ce rocher là-haut
Il y a ce rose tendre qui se cache dans l’ombre
Il y a dans le vert un regard
Elle céda le passage
Son large buste et ses épaules antiques
restèrent sur la plage
Je les sens encore dans le goût ensoleillé de
l’air
J’entends mes oreilles vibrer sous mes
paupières chaudes
je vois un gris de fumée
un bruit plus assourdissant
Du rouge éclate un bois
Sur ce bateau un homme tenait deux pommes
Il compte à voix basse en guettant le cercle
Au-delà de ce versant il ne nous restera que ce
bleu qu’on tient entre deux mains
et des rayures
Une autre voix surgit
Je me rappelle de mon cri:
Maman, ne barre plus l’eau avec ta robe bleue!
Quelqu’un dort sur ce bateau !
Je ne vis plus de couleurs, sauf cette tache
La mer était plus épaisse que le ciel,
un grand regard était visible,
L’homme se retourne, il dort encore
Le grand drap rouge le séparait de l’eau, et la
lumière
Des reflets éclatent comme un fracas d’acier
Je l’ai vu marcher
Le nuage n’avait pas mouillé ses pieds
Le silence et un vert épais tapissent le moment
de ses murmures
Deux traits flottent dans l’air
Je vois le rivage et je referme les yeux
Sœur fidèle où est ta coiffe noire ?
Je t’ai attendue toute la nuit sous le nuage
rose
Munich, le 06 mai 2007
Khalil Ibrahim
Tous droits
réservés Khalil Ibrahim
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